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TEST · REVIEW · CRITIQUECONSOLE SUPER NINTENDO (16-bit)


Un RPG pas comme les autres, c'est le moins que l'on pouvait attendre du grand Capcom.

Breath of Fire

Breath of Fire

ブレス オブ ファイア
 

 Super Nintendo

Développeur:
Capcom

Editeur:
Capcom / Square Soft
Genre:
RPG

Joueurs:
1P

Dates de sortie
03.04.1993 Japon
08.1994 USA
05.1996 Europe
dur Difficulté:

88%Graphismes
85%Animation
91%Son
93%Jouabilité
89%Durée de vie

89%89%

Dans un monde bercé de magie où certains hommes peuvent se transformer en animaux, le Clan des Dragons construisit jadis un puissant empire. Alors qu'ils avaient atteint le sommet de leur puissance, une déesse du désir apparut, promettant d'exaucer leurs voeux. Comme le voulait Tyr, la déesse, les Dragons se battirent pour son pouvoir. Les guerres se succédèrent provoquant le déclin de l'empire jusqu'à son effondrement, et alors que le monde sombrait dans le chaos et la destruction, un guerrier se manifesta. Avec ses sept compagnons, il se battit et vainquit la déesse qu'ils emprisonnèrent au moyen de six clefs. Ces "Clefs de la Déesse" furent ensuite éparpillées et dissimulées aux quatre coins du globe. La puissances des Light Dragons domina dans le Clan et la paix régna de nouveau.

Mais des annés plus tard, une nouvelle menace émerge. Les Dark Dragons, emmenés par leur roi Zog, se mettent à ravager le pays. On murmure qu'une divinité maléfique leur confère puissance et pouvoir. Un seul obstacle se dresse face à leur désir de conquête: les Light Dragons, mais ceux-ci avec le temps ont perdu leur force et le pouvoir des Dragons. Réduit à un village, Drogen, les Light Dragons sont attaqués en pleine nuit. Les maisons brûlent, le feu gagne votre chambre où vous êtes endormi, rêvant, rêvant du Grand Dragon qui vous appelle. Le Dragon est en vous. Vous êtes sur le point de vous éveiller, votre aventure va commencer. Le souffle du dragon, la chaleur de son souffle... Breath of Fire.

En dépit d'une histoire assez conventionnelle et de graphismes pas toujours très épiques, le charme des quelques minutes de présentation agit et l'on se retrouve rapidement envoûté par l'histoire. Ce peuple mi-homme mi-dragon, cette ancienne bataille devenue mythique, quelques jolies notes de musique et le coeur de tout aventurier de l'imaginaire chavirera. Le jeu proprement dit, lui, débute quand le héros se réveille au milieu des flammes lors de l'incendie qui ravage Drogen; sa soeur Sara s'en va affronter seule les Dark Dragon, sauvant la vie des villageois. A partir de là, l'aventure se déroule pour ainsi dire de village en village. Dans chaque nouvel hameau, il y a un problème à résoudre et infailliblement cela passe par un château ou autre labyrinthe avec boss à la clef, parfois même plus d'un.

Breath of Fire bénéficie de pas mal d'idées originales qui s'expriment tout au long du jeu, malheureusement il est aussi très linéaire et son triangle village-exploration-château, même s'il est l'archétype du RPG, devient vite pesant. Deux mauvaises habitudes enfoncent le clou davantage, la première, c'est d'obliger le joueur à revisiter un château, que ce soit pour pouvoir avancer, comme par exemple à Tock où l'on est obligé de revenir à la dernière salle, ou pour ouvrir un coffre, entrevu mais pas pris. La seconde habitude, c'est la longue opération de troc par laquelle on obtient un objet d'absolue nécessité. La seule façon de se le procurer est de l'échanger contre un objet qui lui même s'échange contre un autre et ainsi de suite jusqu'à ne plus savoir finalement ce qu'on cherchait à obtenir en premier lieu. C'est un peu comme dans certains Zelda, sauf qu'ici on ne peut l'éviter ou l'ajourner puisque cela fait partie intégrante de la quête principale, l'un des pires exemples étant celui de la clef du robot à Tantar.

Le plus frustrant dans tout ça est sans doute le manque de légitimité de toutes ces actions. On sent bien que ce ne sont que des prétextes pour obliger le joueur à perdre son temps en déplacements et augmenter la durée de vie sans se fatiguer à élaborer quelque chose de neuf. Il y a des moments, comme à Tock, où l'on a vraiment l'impression qu'on nous prend pour une poire à être téléporté hors du château après en avoir grimpé chaque étage une seconde fois, ou avec les deux vieux, vers la fin du jeu, où l'on sert d'intermédiaire pour délivrer des messages futiles. C'est encore un autre défaut de Breath of Fire, une petite tendance à la niaiserie, qu'elle soit dans les textes (peut-être la faute aux traducteurs ?) ou dans les actions qui s'accomplissent ou qu'on nous demande d'accomplir. Ca part d'un bon sentiment mais ça se termine souvent par un bide.

Malgré une assez large collection de défauts dont nous n'avons pas encore évoqué tous les points, Breath of Fire est loin d'être un mauvais jeu et fait même, dans son genre, bonne figure. L'un de ses mérites est de proposer une interface claire et facile d'accès. Durant sa quête, notre jeune héros va faire de nombreuses rencontres et gagner des compagnons de route. Au bout du compte, le joueur dirige une équipe de huit personnages dont il faut gérer l'équipement, la magie, les objets communs et la position. A l'écran, seuls quatre personnages apparaissent: il y a le leader que le joueur contrôle, et trois autres qui le suivent. Pendant un combat, on peut bien sûr donner des ordres à chacun de ces quatre guerriers, d'où l'importance de bien choisir les personnages de tête, car même si on peut procéder à un changement entre chaque tour, il est préférable d'être bien organisé. La rencontre avec un cinquième personnage se fait toutefois assez tardivement.

Là où l'interface brille, c'est que peu importe la taille de l'équipe, cela demeure simple à gérer. On peut librement paramétrer les boutons pour qu'ils servent de raccourcis vers une section de l'équipement. Les caractéristiques sont réduits à l'essentiel, et l'on peut facilement voir l'avantage de porter telle arme ou telle armure dès l'achat, et intervertir des personnages sans soucis. Les objets peuvent s'entreposer dans une boutique quand ils sont trop nombreux. La meilleure idée est sans aucun doute la fonction AB des combats, "Auto-Battle", vos personnages se battent sous les ordres de l'ordinateur ! Ils ne font qu'attaquer sans se servir de magie, ce qui réserve ce système aux ennemis les moins dangereux, mais c'est précisément ceux-là les plus ennuyeux. Une fois lancé, on peut l'interrompre à la fin du tour, au cas où une intervention humaine est requise. A de petites exceptions près (pas de description de sort, objets groupés par 9...), l'environnement de jeu est très bien ajusté aux besoins du joueur.

Capcom a aussi soigné l'environnement imaginaire avec de nombreux peuples qui habitent le vaste monde. Et pour une fois il ne s'agit pas des inépuisables classes d'héroïc fantasy, nains, elfes, magiciens, mais de créatures mi-hommes mi-bêtes qui co-existent avec les humains. Cela contribue beaucoup à l'esprit de Breath of Fire. Dans le camp opposé, celui des monstres, l'originalité aussi s'est taillée un chemin. Même si l'on retrouve quelques créatures familières, leur représentation est différente: les zombis se trainent au sol privés de leur moitié inférieure, les guerriers squelettes combattent à cheval, etc... la majeure partie des adversaires est originale et les nombreux boss aussi. Capcom a fait l'effort de se distinguer des autres RPG sur le plan du character design, y compris dans la visualisation où ils ont choisi d'adopter un style éloigné du SD, en particulier durant les combats. Les graphismes de Breath of Fire ne donnent pas vraiment le grand frisson, bien que détaillés ils sont peu impressionnants, et le temps n'a pas aidé. Ils varient sensiblement selon la situation: bons durant les combats, ils sont corrects mais trop répétitifs en ville ou dans les donjons et franchement mornes sur la carte.

Mais tout est une question de goût, sur certains aspects, le style graphique de Breath of Fire peut plaire plus que celui de sa suite. Plus unanimement, les musiques séduiront leur auditoire grâce à leur diversité, leur qualité et leur bon usage du son stéréo. Elles sont souvent vives, épiques, toujours agréables et traduisent bien l'atmosphère des lieux en s'essayant à différents styles: les airs orientaux de Arad, malicieux de Bleak, le concerto très enjoué de Tunlan, les musiques ensorcelantes des villes fantômes et des temples des Dragons, et bien entendu l'intro symphonique et le thème. A l'inverse, les bruitages sont peu nombreux et peu remarquables. L'animation donne un peu la même impression, mais à y regarder de plus près, elle est plus soignée que dans beaucoup de RPG qui ne s'embarrassent pas de donner une vraie animation à leur monstre et de donner un peu de vie à leur décor.

On l'a déjà évoqué à plusieurs reprises, un compliment que Breath of Fire n'a pas volé, c'est d'être créatif. C'est dans le déroulement du jeu qu'il le fait le mieux, avec beaucoup de scènes et d'idées qui le démarquent de la masse de RPG et viennent parfois secouer un peu la progression routinière du joueur. Chaque personnage ou presque par exemple, a une aptitude spécifique qui joue souvent un rôle crucial comme la possibilité de casser des blocs de Ox, de crocheter une serrure de Karn, ou de couper à travers bois de Bo, qui aussi peut chasser le gibier ! Le jour et la nuit se succèdent et l'on peut utiliser des voies aériennes et sous-marines. Dans l'aventure même, les situations originales sont bien présentes: dès le début avec l'incendie, les festivités de Camlon en votre honneur, les pouvoirs du Dragon, les fusions, les changements de contrôle de personnages à Winlan et Carmen, et de manière générale les histoires de chaque village, le robot géant, Gobi qui fait du commerce, les excellentes séquences de rapetissement et du rêve pour sauver Mogu, le grand coup de théâtre de la fin et plein d'autres choses. Il faut dire que Breath of Fire peut se permettre d'offrir de la créativité vu son immensité, c'est en effet un très long jeu, même pour un RPG, et dur aussi.

Comme on l'a vu le long de ce test, Breath of Fire a des défauts marqués et des qualités évidentes. La question est de savoir lequel triomphe de l'autre. Sachant que la série existe encore de nos jours avec un cinquième épisode sur Playstation 2, on peut aisément le deviner, même si on murmure que désormais les défauts ont pris le dessus. Ce premier épisode, première tentative de Capcom au RPG sur Super Nintendo et distribué pour l'occasion par Squaresoft, demeure un bon souvenir. Comme souvent dans les jeux Capcom, le premier épisode a servi de moule pour les jeux suivants, à l'instar des Megaman, Street Fighter ou Resident Evil. Avec un bon niveau d'originalité, son atmosphère très personnelle (un grand privilège pour un jeu de rôles !), sa musique envoûtante et même, parfois, ses graphismes, Breath of Fire est une bonne aventure. Et bien souvent, ce n'est ni plus ni moins ce qu'on attend d'un jeu.

Encore un petit mot avant de conclure, trop petit pour un supplément mais qui mérite tout de même d'être dit: le générique de fin de la version US est honteux. Aucun des noms de l'équipe qui a travaillé sur le jeu n'y apparaît ! Les seuls noms sont ceux de l'équipe de traduction et celle-ci n'est même pas d'une qualité mémorable. Bel esprit Squaresoft!

le 22 mai 2004
par sanjuro



Jeu testé en version européenne
Boîte du jeu
Version américaine



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