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TEST · REVIEW · CRITIQUECONSOLE NINTENDO ENTERTAINMENT SYSTEM (8-bit)


Un message d'Abobo: "Toi pas oublier Double Dragon ! Jeu très cool. Toi lire test !"

Double Dragon

Double Dragon

双截龍 ダブルドラゴン
 

 NES

Développeur:
Technos Japan

Editeur:
Tradewest
Genre:
Beat'em up

Joueurs:
1-2P

Dates de sortie
06.04.1988 Japon
06.1988 USA
198? Europe
dur Difficulté:

86%Graphismes
85%Animation
93%Son
95%Jouabilité
85%Durée de vie

90%90%
Trucs et astuces

Lâche:

Pour finir le second niveau sans battre le boss, une fois qu'il est apparu, il n'y a qu'à faire demi-tour en redescendant les échelles.

La mémoire joue de drôles de tours. Si l'on m'avait raconté, dans les années 80, l'histoire de Double Dragon sur NES telle qu'elle se déroule, je ne l'aurais pas cru. "Mon cher, vous vous méprenez !" ou "kesk tum chantes ?", aurais-je dit, mais j'aurais rectifié en expliquant que Double Dragon c'est l'histoire de deux frères qui volent à la rescousse de la petite amie de l'un d'eux (ou leur petite amie commune !?) kidnappée par des gangs. Et j'aurais eu bien tort, parce que l'histoire telle qu'elle est dans le jeu d'arcade et telle qu'elle fut colportée, n'est pas la même ici.

Une raison à cela est que Double Dragon sur NES ne propose pas de jeu à deux en simultané - à l'exception du mode B où il s'agit strictement de duels - mais seulement d'un mode en alternance. Il faut en déduire que dans ce mode, les joueurs incarnent alors le même personnage. Billy, c'est de lui dont il s'agit, n'a pourtant pas perdu son jumeau, son double dragon, Jimmy. Comme dans l'histoire traditionnelle, Marion a été kidnappée par le gang des Black Warriors, et c'est son petit ami Billy qui va tenter de la sauver. Seul, car Jimmy cette fois-ci prend une place bien différente: celle du méchant.

Dans la version arcade, les deux frères, qui pouvaient faire l'aventure ensemble, se battaient à la fin pour savoir auquel reviendrait Marion. Pour la version Nintendo, Technos a adopté un autre point de vue, Marion a été kidnappée par Jimmy qui est le bien nommé Shadow Boss, le boss de l'ombre. Willie, le boss final de l'arcade avec sa mitraillette est toujours là, mais il n'est plus que le pénultième. Sans doute s'agissait-il à la base d'une surprise pour ceux qui connaissaient par coeur la version arcade; et les gens qui comme moi n'ont jamais pu terminer le jeu ou ont la mémoire courte, ne se souviennent pas de ce détail si particulier.

Ce n'est pas la seule différence de Double Dragon par rapport à l'arcade, même si le déroulement est à peu près le même, les changements graphiques sont énormes et le jeu méconnaissable. Avec Double Dragon, Technos Japan accentuait un peu plus le style qu'ils avaient ébauché avec Nekketsu Kouha Kunio-kun (Renegade aux Etats-Unis), qui mettait en scène le personnage vedette de Kunio et débutait la série des Nekketsu, et qui inspira de nombreux jeux dont Nintendo World Cup et Street Gangs sur NES. Les capacités limitées de la NES ne permettant pas de restituer les graphismes de l'arcade et les sprites élancés des personnages en particulier, ils inventèrent ce style, influencé par le SD mais travaillé à leur façon, avec ces personnages aux proportions bizarres qui privilégient la tête, reconnaissables surtout à leurs bras et poings serrés sur les côtés.

Technos fit aussi l'effort d'introduire un nouveau système et un nouveau mode. Le premier, est un système d'expérience basé sur des coeurs: chaque coeur est un niveau d'expérience et plus votre niveau est haut, plus vous avez de coups à disposition. Le coup de pied sauté remplace ainsi le saut ordinaire, vous pourrez réaliser la fameuse prise par les cheveux suivie d'un matraquage en série du genou, le coup de coude bien mortel, ou encore un coup de pied retourné. Le nouveau mode, que nous avons déjà évoqué, est un duel "streetfighterien" si j'ose dire, où vous pouvez incarner l'un des six personnages du jeu contre l'ordinateur ou un ami. Les problèmes sont légions dans ce mode: vous ne pouvez vous battre que contre vous-même, les coups sont très limités et enfin il n'y aucune structure, c'est juste un duel en un round, point. Un effort louable des concepteurs tout de même, vu que de nouveaux sprites, plus grands, ont été dessinés spécialement pour ce mode !

Mais jusqu'ici, nous n'avons fait que gratter la surface du jeu, Double Dragon n'est bien sûr pas n'importe quel titre. Il n'est rien de moins que l'inventeur du genre beat'em up, celui en tous cas qui a posé les bases, instauré les règles d'un genre précis qui va marquer profondément les machines 8, 16 et même 32-bit pendant plusieurs années. Les graphismes vont nettement évoluer, les niveaux s'élargir, mais le canevas, lui, ne changera jamais. Quel est-il exactement ? Eh bien, c'est simple: un ou plusieurs héros traversent des niveaux en défilement horizontal et avec un léger effet de profondeur qui leur permet de se déplacer plus librement; ils doivent faire face à de nombreux ennemis, qui les attaquent par petits groupes et les empêchent d'avancer; pour les frapper, ils se servent de techniques de combat souvent apparentées au kung fu, et parfois d'accessoires qu'ils trouvent en chemin. Et bien sûr un boss les attend en fin de niveau avant la confrontation avec le boss final.

Ce sont les ingrédients d'un vrai beat'em up puisque ce sont ceux de Double Dragon. La version NES est elle constituée de quatre niveaux qui se divisent eux-mêmes en petits parcours. Le début du jeu est très aisé, le reste, beaucoup moins. Tant mieux peut-être pour la durée de vie, mais dommage pour les joueurs moins talentueux qui ne pourront venir à bout de tous les boss de fin ou épargner leur dernière vie. Il n'en est pas moins agréable à jouer, même si forcément l'absence de second joueur embête un peu. Les beat'em up sont un genre toujours si facile à adopter, surtout quand ils sont aussi bien faits que Double Dragon.

C'est l'essence du beat'em up sur 8-bit. Les sprites sont juste à la bonne taille, et donc l'environnement suffisamment large pour être confortable, les couleurs sont assez bien choisies, même quand elles sont tendance fluo, les bruitages sont simples et excellents, les musiques très bonnes (avec mention spéciale pour celles d'intro et des niveaux 1 et début du 4, géniales !), mais le gameplay surtout est vraiment accrocheur, au niveau des attaques en particulier. Difficile de dire quelle en est la raison; donner des coups dans Double Dragon est toujours un régal, peut-être le tempo, peut-être la forme ramassée des personnages, ou peut-être une parfaite connexion entre les sprites, peu de beat'em up donnent en tous cas autant de plaisir que lui en matière de cogne.

Cependant, ce premier épisode, s'il est plus sympathique que la version Master System, n'est pas encore le meilleur de la série: ce sera pour le prochain volet. Il y a déjà beaucoup d'éléments accrocheurs et tous les éléments prometteurs de Double Dragon, mais il lui manque l'envergure de sa suite. C'est une prise d'élan, pas un envol. Malgré sa difficulté exponentielle, il demeure extrêmement court, ces deux caractéristiques constituant ses principaux défauts plutôt que le manque de maturité technique. Le plaisir de jeu pur et la facilité de prise en main, typiquement 8-bit, sont en revanche toujours aussi efficaces et nous font regretter avec une amertume prononcée la mort de ce genre pourtant si amusant sur les consoles d'aujourd'hui, au profit de jeux de combat beaucoup plus complexes et impressionnants, trop sérieux pour plaire franchement à tout le monde comme Double Dragon le faisait en son temps.

le 3 septembre 2004
par sanjuro



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