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TEST · REVIEW · CRITIQUECONSOLE NINTENDO ENTERTAINMENT SYSTEM (8-bit)


Seigneur des orbes & voyageur du temps.

Time Lord

Time Lord

 

 NES

Développeur:
Rare

Editeur:
Milton Bradley
Genre:
Action / Réflexion

Joueurs:
1P

Dates de sortie
09.1990 USA
10.1991 Europe
trop dur Difficulté:

70%Graphismes
72%Animation
84%Son
68%Jouabilité
61%Durée de vie

67%67%

Avant d'entrer dans le vif du sujet, il faut parler un peu de l'éditeur. Time Lord est un jeu publié par MB, les initiales de Milton Bradley, l'un des plus grands fabricants de jeux de société au monde. Nous avons tous joué au moins une fois à un de leurs classiques, dont les publicités passaient en boucle à la télé: Docteur Maboul, Qui est-ce?, Destins - Le Jeu de la Vie, Dix de Chute, Piqu'puces, Puissance 4, HeroQuest et bien d'autres. La popularité de la NES est telle à la fin des années 80 qu'ils décident eux aussi de faire le grand saut et de se mettre à éditer des jeux vidéo, sans faire l'erreur de tenter d'adapter leurs jeux de société.

L'expérience sera assez brève mais donnera naissance à dix jeux NES MB, neuf d'entre eux sortiront aux Etats-Unis et six seront distribués en France et d'autres pays d'Europe. Les jeux MB ont quelques particularités intéressantes. Déjà, ils sont faciles à reconnaître car le design de la boîte est différent des jeux NES ordinaires, comme c'est le cas aussi pour Konami, SNK, Jaleco, et Capcom aux Etats-Unis; le logo de la marque est mis en valeur dans un coin de cadre gris, assez similaire à la façon dont il apparaît sur les boîtes de jeux de société. Ensuite, la majorité de ces titres a été développée par nos amis de chez Rare, la seule exception étant Abadox, qui est de Natsume. Dernier point enfin, cinq d'entre eux sont des conversions alors que les quatre autres sont des concepts entièrement originaux comme c'est le cas de ce Time Lord.

Alors certes les jeux NES de MB n'auront pas bouleversé le monde, ni même notre sphère ludique, mais ils ont quand même bien mérité une petite place dans nos rétrospectives. Et puis tiens, pour terminer cette aparté, une anecdote croustillante: HeroQuest, jeu de société à mi-chemin avec un jeu de plateau qui connut un grand succès en son temps, aurait dû sortir sur NES. MB ici se contentait de prêter les droits à Gremlin qui le développait et l'aurait édité. Il y a même un prototype qui circule sur Internet, laissant deviner paraît-il un jeu de grande qualité. Et maintenant, sans plus attendre, direction le futur !

Pas jouasse l'année 2999: des extra-terrestres pas bien amicaux, les Drakkons, tentent d'envahir la Terre avec la ferme intention d'asservir l'humanité. Pour arriver à leurs fins, ils ont un plan diabolique. Grâce à leur parfaite maîtrise des voyages temporels, ils sont partis s'attaquer à notre passé, projetant de modifier notre histoire pour s'assurer une victoire dans le présent. Pour battre ces sales (Drak)kons, il va falloir en faire autant et les éliminer dans les quatres époques qu'ils ont infiltrées avant de revenir dans le présent pour achever leur roi. Mais voilà, même en 2999 les voyages dans le temps ne sont pas notre fort et la mission doit être accomplie en un an ou sinon, au premier janvier 3000, la machine temporelle et le complexe l'hébergeant exploseront, et vous avec.

Vous, vous êtes le Time Lord. C'est tout ce que nous dit la notice mais nos yeux nous en apprennent un peu plus: vous portez une combinaison aussi rouge que vos cheveux rebiqués (donc rien à avoir avec le "chevalionaute" de la couverture) et vous aimez donner des coups de poing et des coups de pieds sautés. Combattant hors pair, vous maîtrisez immédiatement les armes uniques que vous découvrez dans chaque époque et qui comprennent aussi bien des sabres que des six coups. Il y en a généralement deux à trouver sauf aux deux premiers niveaux. Pour passer d'une époque à une autre, le procédé est pour le moins original même si on a du mal à en voir le côté scientifique (mais c'est peut-être pour ça justement que ça marche !): vous devez ramasser des globes, le cinquième étant entre les mains d'un seigneur Drakkon, brute niaise mais épaisse qui demande un bon paquet de coups avant d'abdiquer.

Le jeu se déroule sur cinq niveaux et demi; le tout premier est bien trop court pour passer pour un vrai niveau. Après lui commence vraiment l'exploration spatio-temporelle: le Moyen Âge en Angleterre, le far-west des Etats-Unis, les pirates aux Caraïbes (cela rappelle un peu Ghoul Patrol que nous testions récemment), en France enfin, dans les tranchées de la Seconde Guerre mondiale, et puis retour vers le futur au Centre de Voyage Temporel MB. Oui, MB comme l'éditeur. Ce n'est pas un jeu bien long, les niveaux sont peu nombreux et ils sont courts, alors pour pallier ça évidemment la difficulté est méchamment progressive, passant imperceptiblement de "Ah ! C'est du gâteau !" à "Nom de Dieu de saloperie de merde !!!". On commence à fulminer avec le troisième boss et l'on perd patience soit dans le bateau, soit dans les tranchées, selon son niveau d'adresse. Si l'on atteint la base, qu'on se rassure, le dernier boss et son niveau sont eux aussi odieux.

Mais moins que la difficulté, l'impardonnable défaut de Time Lord est sa jouabilité. Même si la maniabilité est correcte, les coups et les collisions manquent de précision parce qu'il y a de l'isométrie dans le graphisme: on ne sait pas toujours sur quel plan on se trouve et c'est ennuyeux. Rare a choisi d'adopter une vue avec un peu de profondeur, ce qui en son temps avait même déconcerté le magazine Player One qui avait fait l'erreur de le traiter comme un beat'em up alors que ce n'est évidemment qu'un jeu d'action. Enfin, pas tout à fait. S'il est clair que ce n'est pas un beat'em up, qu'il n'en a ni les coups, ni le rythme, juste le trottoir, il puise certains de ses éléments dans le jeu d'aventure / réflexion. Dès le second niveau, il n'est plus aussi facile de mettre la main sur les globes et il faut bien explorer et réfléchir pour se les approprier. Certains sont cachés, d'autres ne deviennent accessibles qu'en effectuant une action précise. Sur le même principe, les secrets sont assez nombreux et variés, permettant de récolter des armes ou des points.

A cause de cette perspective à la manque, des tirs qui s'en accommodent mal, et des ennemis qui réapparaissent rapidement — ce qui n'était pas le cas précédemment — les deux derniers niveaux sont positivement insupportables. Par leur seule présence, toute opinion semi-favorable qu'on pouvait avoir jusqu'ici de Time Lord est vouée de s'écrouler. C'est un Rare en petite forme qu'on trouve ici. Le graphisme n'est pas joli, de une. Au mieux (les sprites et certaines périodes), c'est médiocre, au pire (les boss sur cet ignoble fond bicolore bleu-vert/marron), c'est hideux. L'animation est du même acabit, peu travaillée, réservée aux personnages, tandis que les musiques et les bruitages sont meilleurs sans pour autant être d'une qualité bouleversante. Les premières ont tout de même une originalité, celle de jongler entre plusieurs styles dans un même morceau: au Moyen Âge se mélangent menuet, cavalcade et médiéval, au far-west défilent un air de western, des tam-tams indiens et un piano de saloon.

Piètre consolation cependant. Trop modeste pour un jeu sorti en 90, Time Lord inévitablement déçoit, plus encore parce qu'il vient de Rare et qu'ils osent nous tendre ce vieux traquenard "jeu court, jeu dur" dont on ne sort pas sans leur garder rancune. Mais plus encore que pour nous, les joueurs, c'est un coup dur pour MB. Time Lord faisait partie de leur première vague de jeux NES avec Digger T. Rock et California Games et était sans doute le plus aguicheur des trois. Mais voilà, il n'est pas du tout à la hauteur ! Et ses bonnes idées (le voyage dans le temps, le compte à rebours en jours, les secrets à percer) sont minées par les défauts que nous avons énumérés tout au long de cet article. Dans ces circonstances, on ne s'étonne pas trop que MB n'ait pas fait long feu sur la scène jeu vidéo, ils ont démarré trop faiblement et les années 90 n'étaient déjà plus aussi clémentes que la décennie précédente.

le 10 septembre 2010
par sanjuro



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