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TEST · REVIEW · CRITIQUECONSOLE SUPER NINTENDO (16-bit)


Ces grands siphonnés sur leurs grosses cylindrées.

GP-1

GP-1

Suppléments:
Motos, Mécaniciens
et Révélations...

 Super Nintendo

Développeur:
Atlus

Editeur:
Atlus
Genre:
Course de motos

Joueurs:
1-2P

Dates de sortie
25.06.1993 Japon
09.1993 USA
11.1993 Europe
très dur Difficulté:

85%Graphismes
88%Animation
80%Son
83%Jouabilité
77%Durée de vie

80%80%

La moto en jeux vidéo, c'est une route. Elle commence pas loin de Hang-On et se termine dans les environs de Manx TT Super Bike; au-delà, c'est l'autoroute, bruyante et dange­reuse. Sur cette voie tranquille, on croise beaucoup d'imma­triculations Sega : Enduro Racer, Racing Hero, Road Rash, GP Rider... Pourtant, Nintendo y circule aussi : avant Hang-On, il y avait Excitebike, et peu après, Mach Rider.

Mais sur ses consoles, la moto n'a pas su trouver de titre fort, assez pour faire une série durable. Nintendo a mis 16 ans avant de donner une suite à Excitebike et Konami a limité sa trilogie Motocross Maniacs aux Game Boy. Sur Super Nintendo, le constat est encore plus accablant : on y dénombre plusieurs jeux de moto, mais tellement méconnus que la plupart des joueurs ne savent pas qu'ils existent ! La seule exception est GP-1, un jeu Atlus sorti en France, qui est aussi le seul à avoir eu une suite directe.

GP-1 date de 1993, à l'époque où les jeux de course deviennent de plus en plus élaborés. Lui ne se prive pourtant pas d'adopter une perspective arcade et même un peu moins. Il n'offre aucune sauvegarde sous aucune forme, les meilleurs temps ne sont même pas affichés séparément de la course, hormis pour sa moto aucun paramétrage n'est possible, pas la moindre option de continu ou d'abandon non plus, son championnat se fait juste comme ça, d'une traite.

C'est un jeu sans fioritures, ce qui, j'en conviens, a un certain attrait. Mais sur une machine comme la Super Nintendo, les fioritures ont aussi du bon ! surtout quand elles prolongent ne serait-ce qu'un peu la durée de vie. Si la présentation est plutôt jolie, mélangeant graphismes soignés et images digi­talisées, le contenu est assez sec.

En championnat, on choisit d'abord sa moto puis son mécanicien parmi les 6 de chaque qui nous sont proposés. Leurs caractéristiques sont extrêmement limitées puisqu'elles n'ont que deux niveaux ! Bon et Normal pour les motos, Normal et Excellent pour les mécaniciens. Et encore... vous ne savez pas tout... Si vous voulez découvrir à quoi correspondent exactement ces niveaux, lisez la partie « Révélations » du supplément.

Sur la piste, les sensations sont bonnes, voire intenses. On ressent bien la vitesse à 300 km/h et les virages sont abrupts, ceux en épingle nous jetant systématiquement dehors. Il y a abondance de flèches rouges pour les indiquer, même les plus petits, ceci afin de parer à la moindre faute. Un simple coup d'oeil au plan peut s'avérer dangereux tant les virages sont violents. Mais notre première moto est trop faible pour bien prendre les plus saillants, même avec le frein. Il faudra attendre de progresser.

La simplicité observée jusqu'ici se retrouve dans la jouabilité. La moto se pilote avec deux boutons : accélérateur et frein, avec aussi deux possibilités de contrôle pour la boîte manuelle. L'inclinaison au ras du sol se faisant auto­matiquement. La seule « richesse » que GP-1 veut bien partager est l'amélioration de sa moto. On peut ainsi remplacer 4 parties : le moteur, les suspensions avant et arrière et le cadre. Mais il faut les acheter, elles coûtent cher, et l'argent évidemment vient de nos résultats aux courses. C'est là que la difficulté commence à mordre.

On empoche de l'argent même mal classé, mais trop peu pour acheter quoi que ce soit du premier coup. Alors on économise pour améliorer sa moto, mais pendant ce temps-là, les autres nous distancent au classement (surtout Renay et Dohen, qui ratent leurs qualifications mais finissent pourtant toujours premiers !), et, au bout du compte, on n'arrive jamais à les rattraper. Lorsqu'on a enfin une bonne moto capable de rivaliser avec les leurs, il est trop tard et le championnat est presque fini ! Morale de l'histoire : si vous voulez devenir champion, il va vous falloir remporter les première courses avec votre moto de base.

C'est un jeu à la difficulté inversée. Tout le challenge est concentré au début. D'ailleurs, les courses semblent presque dans l'ordre inverse de la F-1. Le très dur circuit du Japon, qui est d'habitude l'un des derniers, est ici le premier, alors que celui du Brésil, bien moins stressant, se retrouve à la fin. Devoir gagner Suzuka avec une moto trop faible n'est guère une perspective réjouissante.

Les autres coureurs sont plus obtus que tenaces. On n'a pas de mal à les doubler, mais après, et cela ressemble à un bug, ils ont tendance à nous talonner en calquant leur vitesse sur la nôtre, parfois même en restant à l'écran. Cela a deux conséquences fâcheuses. Dès que l'on perd un peu de vitesse, on risque de les percuter, ce qui peut entraîner notre chute. Et puis, une fois par terre, on est généralement doublé par tout le peloton, dix places d'un coup. C'est qu'ils s'amassent derrière nous jusqu'à former un groupe compact, un essaim de guêpes qui colle au train et ne s'éparpille à nouveau qu'une fois passé devant.

En outre, notre moto est la seule qui soit affectée par les collisions : les autres ne perdent pas de vitesse quand cela se produit et ne tombent jamais. Avez-vous déjà entendu le cri de frustration du motocycliste le soir au fond des bois ? Maintenant vous en saurez la cause. La programmation des concurrents laisse clairement à désirer. Les jeux de cette époque donnaient souvent l'impression que l'ordinateur faisait sa propre course, indifférent à la nôtre, mais ici cela atteint des proportions agaçantes.

Sur Super Famicom, les noms des coureurs sont dérivés du classement de la saison 500cc de 1992. Un point a été rajouté à tous leurs résultats. Sur Super Nintendo, les distributeurs très peureux ont remplacé tous les noms et supprimé ceux des circuits. Retrouvez-les dans Panorama !

SNESSFCDans la réalité
DanteWein RenayUSAWayne RaineyYamaha
ChavezMike DohenAUSMick DoohanHonda
WilsonJohnny KochinUSAJohn KocinskiYamaha
SmittsKeyvan SwantzUSAKevin SchwantzSuzuki
GatorDew CandleUSADoug ChandlerSuzuki
OrtegaWain GardonAUSWayne GardnerHonda
LennonJean GarigeESPJuan GarrigaYamaha
HanleyAlex KrivilESPÀlex CrivilléHonda
GafneyEddy LewsonUSAEddie LawsonCagiva
BudroeRandie MomolaUSARandy MamolaYamaha
TroutNeal KenzieGBNiall MackenzieYamaha
CastroMiguelle DuhamCANMiguel DuhamelYamaha
ChenAlex BorrisBRAlex BarrosCagiva
SmithDally BeetyAUSDaryl BeattieHonda
RowellPeat GoodAUSPeter GoddardYamaha


Le championnat compte 13 courses de 4 tours dont 1 de qualification. 52 tours au total, l'équivalent de deux coupes Super Mario Kart, quoique cela prend un peu plus de temps vu la complexité des circuits. Mais cela a quand même l'avantage d'être rapide, une heure en gros. Alors, à jeu simpliste, solution simpliste : pour gagner, il faut essayer encore et encore jusqu'à ce que ça passe ! Vous pouvez aussi jeter un coup d'oeil à notre supplément si décidément ça ne veut pas passer.

Autrement, vous pouvez encore vous entraîner ou bien jouer à deux en écran scindé. La jouabilité a été altérée à deux, les sorties de route ayant beaucoup moins d'impact. Voilà tout ce que GP-1 a à offrir. C'est dommage, car en finissant le championnat, mal classé comme d'habitude, on se dit que l'idée logique, ou tout du moins généreuse, aurait été de poursuivre avec la saison suivante mais en gardant notre moto améliorée. Eh bien non, n'y comptez pas, Atlus remet tout à zéro. Quand on a du goût pour le simplisme, on n'en a pas pour les bonnes idées.

Par conséquent, et c'est assez grave pour être souligné, il est impossible, même en entraînement, de tester plus de la moitié des circuits avec une moto optimum !

Dès l'intro, Atlus démontre que ses équipes ont développé un moteur son puissant. Pourtant, elles n'en font qu'un modeste usage, les courses étant rythmées par le seul bruit du moteur et des dépassements stéréo. Ils sont réussis mais pas autant que les crissements de pneus, qui peignent le bitume de marques éphémères. Les musiques, celles des menus, sont très vite répétitives, fait assez coutumier d'Atlus.

Avec sa présentation et sa jouabilité directes, sa vitesse cinglante et ses virages coups de fouet, GP-1 divertit aisément mais pas aussi longtemps qu'on le voudrait. Il est gâté par les Renay et Dohen (Dante et Chavez en PAL, la comédie italienne et la tragédie vénézuélienne), trop parfaits sur la piste comme dans le classement. A vaciller et à tomber, alors que les autres, du premier au dernier, font leur course dans une dignité absolue, on a l'impression d'être l'imbécile ou le clown de service auquel il manque juste les rires du public.

Et puis GP-1 fait trop peu pour cette Super Nintendo qui a déjà connu F-Zero, Exhaust Heat, Top Gear, Super Mario Kart et F1 Pole Position. Une moto est peut-être très différente d'une voiture, mais en jeux vidéo cette différence est minime. Atlus aura quand même voulu retenter le coup en 1994, avec une suite, GP-1 RS au Japon et GP-1 Part II en Amérique. Par contre, vis-à-vis de la Mega Drive, GP-1 est un atout de poids, qui ne se laisse renverser ni par Super Hang-On, ni par Road Rash.

le 29 mai 2024
par sanjuro



Jeu testé en versions japonaise et européenne
SHVC-G7

3ème avec 198 points (RSV 500, Louis)

Autres : SNSP-G7-FAH, SNSP-G7-NOE, SNSP-G7-UKV, SNS-G7-USA
Boîte du jeu
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