NES Super Nintendo Master System Mega Drive PC Engine Neo Geo

select a console »
TEST · REVIEW · CRITIQUECONSOLE NEC PC ENGINE / COREGRAFX (8-bit)


Le soldat super star d'Hudson s'en va-t-en guerre, boom, boom et ka-BOOM !

Super Star Soldier

Super Star Soldier

スーパースターソルジャー
Suppléments:

Pentalogie Star Soldier

 PC Engine

Développeur:
Interstate / Kaneko

Editeur:
Hudson Soft
Genre:
Shoot'em up

Joueurs:
1P

Dates de sortie
06.07.1990 Japon
09.1990 France
1991 USA
très dur Difficulté:

88%Graphismes
96%Animation
93%Son
96%Jouabilité
92%Durée de vie

94%94%
Trucs et astuces

Menu d'options:

A l'écran titre, appuyez sur les boutons suivants: Gauche, II, Haut, II, Droite, II, Bas, II, Gauche, I, Haut, I, Droite, I, Bas, I, 8 fois sur I et II en même temps, puis 8 huit sur I et Select en même temps.

Dans ce menu d'options, vous bénéficiez d'un sound test (les musiques sont situées à la position 34) et du choix du niveau de difficulté parmi les suivants, du plus facile au plus difficile (en gras, le mode par défaut):

- Poor Body
- Official Level
- Go Go Enemys (sic)
- Sugeeze!

Dans ce dernier mode, écrit à l'écran en japonais, non seulement les ennemis sont plus rapides, certains plus résistants, mais vous aurez droit à quelques vilaines surprises comme de nouvelles pastilles, bleues, qui vous suivent pendant quelques secondes, des boules multiples pendant l'habituel mini-boss et d'autres choses encore.

Pour parler de shoot'em up sur PC Engine on a l'embarras du choix. Bien dotée en la matière grâce à ses capacités techniques idéales, il n'y a que la Mega Drive qui puisse se targuer de proposer un si grand nombre de titres du genre. De surcroît, la console de NEC est l'une des rares machines, sinon la seule, à accueillir autant d'épisodes de sagas classiques: R-Type, Gradius, Parodius, 1943, Raiden, Dragon Spirit, Aleste déguisé (Gunhed) et même sa propre série, Star Soldier. Ajoutez-y les jeux CD-Rom et l'on imagine aisément les ravages qu'elle a fait. C'est bien simple, quand un shmuper meurt, ce n'est pas au paradis qu'il va mais sur PC Engine. Et il n'y a personne qui meurt autant qu'un shmuper !

Ce n'est pas Super Star Soldier qui vous dira le contraire, jeu à la difficulté pimentée, sauce pili-pili. Mais avant de le passer à la casserole, il serait bon de clarifier certains points sur la série Star Soldier dont, bizarrement, les composants semblent prêter à confusion. Alors avant de lire la suite de l'article, allez consulter notre supplément sur la pentalogie Star Soldier. Voilà, c'est fait ? Bien. Si je vous dis que Star Soldier est en fait la suite de Gradius, vous me répondez... que c'est faux ? Vous avez raison ! Et le premier Star Soldier était sur... MSX ? Mais non !! Sur Famicom !! Ah, je savais bien que vous ne l'aviez pas lu, personne ne les lit mes suppléments.
;__; <-- nécessaire

Non, je n'essaye pas de meubler le test avec un paragraphe inutile pour remplacer celui du scénario inexistant. D'ailleurs, ce n'est pas pour dire, mais franchement qui ne se fiche pas d'avoir un scénario dans un jeu de tir ? Personne ne prendrait la peine de le lire de toute façon; et pourtant, dans les magazines de l'époque, c'était la rengaine habituelle de se moquer de tous ces shoot'em up sans histoire. A chaque test on avait droit à la même remarque. Dans Super Star Soldier vous pilotez donc un rutilant chasseur de combat intersidéral, très cool à l'écran titre, qui sillonne des bases extraterrestres sur terre et dans l'espace le long de huit niveaux riches en difficulté.

Votre armement manque de variété mais pas de puissance; il n'y a que quatre tirs, trois d'entre eux sont visuellement décapants quand chargés à bloc, le quatrième est l'habituel "tir de bébé", juste une pluie de petits rayons, qui paradoxalement se révèle l'arme indispensable de celui qui veut aller loin. Le tir bleu lance des anneaux qui s'élargissent en prenant de la distance et forment une véritable muraille à sa puissance maximale, en contrepartie le tir est moins destructeur que les autres. La boule jaune donne droit à un lance-flammes qui en lance même deux une fois au max, avec l'avantage, ou l'inconvénient selon les circonstances, que cette flamme se balance ostensiblement. L'arme la plus puissante enfin est le rayon vert. Dit comme ça on dirait le titre d'un vieux film de série B: Le Rayon Vert de la Mort, tudududu, filmé en Percepto ! Pourtant, ne vous y fiez pas, on est bien content de l'avoir ce rayon surtout dans sa forme finale, un trident laser qui frémit sur tout l'écran.

Super Star Soldier se démarque par la vitesse de son scrolling, il va très lentement dans le niveau 4 où vous semblez planer au dessus d'un soleil éclipsé, mais le reste du temps, votre vaisseau est comme la pierre qui vient de quitter le bras de la catapulte, vous êtes jeté dans l'action avec une fureur aveugle. Et comme un aveugle vous vous écrasez avec candeur sur tous ces tirs et ces ennemis qui vous tombent dessus comme l'intérieur renversé d'un magasin de bonbons. Heureusement il y a un peu plus que les quatre armes précitées pour vous aider à survivre. Vous pouvez ramasser un item devenant des missiles, vifs et très utiles, sans eux vos chances sont quasi-nulles dans les derniers niveaux, ou bien des modules de protection qui font juste ça, protéger puisqu'ils ne tirent pas. Il y encore un bouclier constitué de deux bulles colorées que vous obtenez selon votre niveau d'armement.

Et puis il y a les méga-bombes. Ka-BOOM ! Que serait un shoot'em up sans méga-bombes ? Ben, Gradius, R-Type. D'accord, d'accord, ce n'est pas indispensable, mais tout de même ça fait plaisir de voir sa bonne grosse explosion ensevelir les ennemis dans un déluge de lumière comme une explosion atomique dans le creux de la main. De plus les concepteurs ont eu une idée assez fun: vous ne pouvez pas transporter ces bombes. Non, ça, ce n'est pas très fun, ce qui l'est, c'est que tous les power-up de la même couleur que votre tir que vous ramassez au-delà du maximum agissent comme des méga-bombes. Mais oui, mais oui, ka-BOOM et re-ka-BOOM ! On ne se lasse pas des explosions. Par contre, il faut l'avouer, c'est quand même dommage qu'on n'ait pas l'occasion de s'en servir plus souvent, parce qu'il ne faut pas se faire d'illusions, c'est quand vous en avez le plus besoin que les méga-bombes manquent à l'appel.

Depuis 1990, on en a vu des shoot'em up, donc forcément Super Star Soldier n'est plus aussi impressionnant. Toutefois, il demeure TRÈS impressionnant, ce qui en dit long sur l'effet que produisait le jeu il y a dix-sept ans, à sa sortie. Cela dit, les ennemis sont plus réussis que les niveaux. Le premier est un bon premier niveau, détaillé et futuristique, mais les suivants, plutôt que d'améliorer ou de maintenir le cap graphiquement se laissent aller. La PC Engine semble en avoir tellement dans le ventre qu'on lui en veut si elle affiche une baisse de régime, quand bien même elle est toujours a des années lumières de ses soi-disant rivales, les 8-bit de Nintendo et Sega.

Il n'y a pas de raison de le nier: le manque d'originalité du graphisme est perceptible; la base côtière du second niveau est terne, le désert d'après assez insipide, le retour dans l'espace une déception par rapport au premier niveau et ça ne s'affole pas visuellement jusqu'au boss, la galerie aux tons monochromes du cinquième niveau à peine plus belle, seul le vaisseau spatial du septième et avant-dernier niveau offre un décor de circonstance à la conclusion. Ce ne sont pas les graphismes qui tiennent en haleine au bout du compte, c'est le défi, la jouabilité, le rythme; de ce point de vue Super Star Soldier est une bombe (que dis-je, une méga-bombe ! Ka-BOOM !), peut-être le meilleur jeu de la pentalogie (mot rigolo). Il bat assurément le médiocre Final Soldier et se livre à un intéressant match avec Soldier Blade.

Le jeu est dur mais pour une fois cela lui va assez bien. Il fait partie de ces titres bien façonnés où une difficulté élevée stimule plutôt que de rebuter, parce que, aussi dur qu'il soit, il est construit avec intelligence pour que le joueur apprenne et s'améliore constamment dès lors qu'il développe des techniques et mémorise les parcours. Cela se fait naturellement, c'est le miracle de la vieille école, et c'est pour ça que son game-appeal (better than sex !) fonctionne toujours si longtemps après, quand même les néophytes qui s'y essayent en le téléchargeant sur la WiiWii lui trouve quelque chose de bien. Et même si on ne gagne jamais, il y a toujours la consolation d'être allé loin dans un jeu dur et d'y avoir pris un plaisir immense (entre deux crises de rage, mais ça on l'oublie une fois la console éteinte). Et puis, la difficulté est concentrée, c'est dans les trois derniers niveaux et dans quelques boss qu'elle guette le joueur.

La vitesse prodigieuse, le feu à l'écran, les musiques qui donnent l'impression d'une cavalcade, c'est exactement ce dont un shoot'em up a besoin pour être captivant, loin de la lenteur assomante d'un Gradius où en plus de son armement il faut aussi prendre le temps de gérer sa vitesse sans quoi on meurt, écraser sous le sabot des envahisseurs comme un escargot en manque de salive. Bien sûr on respecte le vénérable ancêtre, c'est à dire Gradius, car Super Star Soldier a lui aussi sa place désormais à l'Académie Shmupaise (c'est comme l'Académie Française mais avec des vaisseaux spatiaux à la place des vieillards); ce sont juste deux générations de shoot'em up différentes et celle de Star Soldier, au début des années 90, est sur le point de réaliser de grandes choses.

Un autre atout pas piqué des vers est la présence d'un mode Caravan de deux ou cinq minutes, une course au score où la destruction est la règle du jeu. C'est prenant et un bon moyen de se détendre après une dérouillée dans le mode normal, sauf, bien sûr, si vous le prenez au sérieux et décidez vraiment de réaliser un high score. Inutile de préciser d'où vient le nom de Caravan (mal orthographié Calavan... ah, ces Japonais !), vous avez lu le supplément, non mais. A la place, parlons un peu de la musique. Dans une review du jeu de la console virtuelle de la Wii, un adolescent disait des musiques qu'on ne les retient pas. C'est vrai, ce ne sont pas des musiques qu'on peut siffler, il n'y a pas d'airs à proprement parler. Mais là où notre testeur a tort, c'est de les juger de ce fait sans attrait. Bien au contraire, elles sont très bonnes, mais le fait est qu'elles sont de ce genre de musiques qu'on ne peut vraiment apprécier sans jouer en même temps, sans image, sans bruitages. C'est comme certains films, Seven par exemple, la bande-son fait un assez mauvais CD alors qu'on la trouve exceptionnelle pendant le film.

Super Star Soldier a tout d'un outsider. Publié par un éditeur qu'on serait tenté de sous-estimer de nos jours, voici un jeu avec des graphismes, quoique superbes pour une 8-bit, vraiment peu originaux, avec quelques passages douloureux (ceci est un suppositoire) de par leur haute difficulté et avec à peine quatre armes pour se défendre. Il y a même des emprunts variés aux grands classiques (Gradius, R-Type) qui, compte tenu des circonstances, ne font qu'achever la platitude. Et pourtant Super Star Soldier a quelque chose de bien à lui: un gameplay phénoménal. Maniabilité hors pair, animation irréprochable, action démente, ce ne sont pas de minces qualités, loin de là puisqu'elles enterrent ses défauts. On y revient pour le seul plaisir de faire danser ce vaisseau triangulaire entre les myriades de tirs extraterrestres. Il est tout simplement jouissif.

le 10 août 2007
par sanjuro



Jeu testé en version japonaise
Boîte du jeu
Version européenne



Photos choisies
Cliquer pour agrandir

Toutes les photos
Taille normale 256x224
01 | 02 | 03 | 04 | 05
06 | 07 | 08 | 09 | 10
11 | 12 | 13 | 14 | 15
16 | 17 | 18 | 19 | 20
21 | 22 | 23 | 24 | 25
26 | 27 | 28 | 29 | 30
31 | 32 | 33 | 34 | 35
36 | 37 | 38 | 39 | 40


Panorama
Tout sur une page


All text and screenshots: © 2001 sanjuro, 1up-games.com